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IMB001 - formica, Sequels Suck e.p. review, Nextclues

dimanche 18 mars 2012

Parmi les rares disques promo qui ont l’honneur de revenir faire un petit tour sur la platine une fois la chro (com)postée, il y a cet lp sans nom de Formica, groupe rennais dont on pourrait vite croire, en se laissant aller aux idées préconçues, que son indie-noise-pop ne vaut pas mieux que toutes les autres gentilles copies de Pavement. Sur l’album, ce sont surtout les voix en équilibre entre condescendance et indolence qui m’ont attrapé en premier, mais sur cet EP 10’’ sorti deux ans plus tôt, y a pas photo, c’est la joute des guitares qui l’emporte. De très loin. Je dis "joute" alors que c’est pas du tout ça : elles ne se fritent pas l’une l’autre, les guitares, au contraire, elles se supportent, se complètent et reviennent à une certaine forme du Rock, un peu vieillotte et malheureusement oubliée. Celle des groupes à deux guitares : une rythmique, une solo. Tout con, mais tellement efficace quand c’est bien fait. Pas besoin non plus de remonter jusqu’au Velvet de l’après-Cale : Formica lâche toujours des nextclues dans ses paroles (des noms de groupes vénérés), et je ne sais plus exactement dans lequel des quatre morceaux de cet EP on entend ce mot, mais on l’entend : Television. Y un peu de ça dans Formica. Mais surtout autre chose, même si de ce groupe-ci ils ne parlent pas ouvertement : Les Feelies ! Les Feelies de l’après-Anton Fier, plus précisément. Je suis plus que certain qu’ils ont fait tourner The Good Earth plus d’une fois et qu’ils ont bouffé du Only Life à s’en faire péter la panse, et sur les deux titres assez nerveux de la première face, on jurerait que Glenn Mercer a prêté ses lunettes de soleil au guitariste sol(o)iste. Les deux titres de la seconde face sont plus fainéants, traînent un peu la patte - pas spécialement bien boostés par une section basse/batterie trop conventionnelle (sauf si son but est justement d’être invisible) -, mais là encore, pile au moment où on pense qu’on va pas tarder à s’emmerder royalement, les guitares emportent la mise. Tout en finesse.
Ce 10’’ est toujours dispo sur le propre label de Formica, In My Bed, et ma copie a été livrée avec un bouquin de dessins auxquels je n’ai au départ absolument rien compris. Il s’appelle Too Drunk To Do The Show, est de la taille d’un 45t, et n’est pas comme je le croyais au départ une collection d’esquisses d’un membre de Formica, qui entre deux morceaux pose son instrument pour tirer le protrait des deux ou trois membres de son public. Il m’a fallu arriver aux 3/4 pour comprendre. Ça a cliqué quand j’ai vu le dessin d’un mec portant un t-shirt Rifle Sport. Qui peut porter un t-shirt Rifle Sport de nos jours, même en Bretagne ? Quel con, regarde les binocles rondes, ça ne peut être qu’Albini ! Et les deux autres, c’est Trainer et Bo(o)B (V)Veston. Sans tricher en regardant les noms au verso (Truman’s Water, The Ex, Jad Fair, The Fall, Swell, Sonic Youth, Yo La Tengo… que des trucs bien sauf Animal Collective), j’ai reconnu personne d’autre, mais ces gribouillis sont l’œuvre d’une dessinatrice, Nine Antico, datent tous en gros de 2005, et "sont plutôt pas mal" comme pourraient dire les gens qui comme moi n’y connaissent absolument que dalle en bédé/dessin/peinture, arts visuels, art tout court.
(8/10)

Bil

La chronique sur Nextclues