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IMB004 - Prosperi Buri, Biggest Mistake, Nextclues review

mercredi 14 août 2013

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Bien sûr, incapables que vous êtes de retenir quoi que ce soit de réellement important, vous avez déjà oublié le nom de Prosperi Buri. C’est pas comme si on vous bombardait tous les jours avec 50 liens menant à la plus grand découverte de tous les temps, au plus exaltant des nouveaux groupes au futur prometteur, à l’album de l’année ou à un chef-d’œuvre digitalisé - enlève ces doigts ! - supposé vous divertir pendant presque 10 minutes sur une des 350 000 pages bandcamp qui ont poussé ces 3 dernières années.
Prosperi Buri, comme son nom le laisse supposer, est breton, et l’on a parlé de lui suite à son 45 tours jaune, Gloria, et à son petit bouquin de beaux dessins en noir et blanc, Freak Scene. Prosperi Buri n’est pas la trouvaille du siècle, ce n’est pas non plus le truc extraordinaire qu’il vous faut impérativement découvrir, maintenant et sur le champ, puisque je vous maintiens que l’avenir lui appartient, c’est juste un mec qui écrit des petites chansons, tout seul avec l’aide d’autres gens (?). Pire encore : ce 45 tours n’est pas une nouveauté. Il ne fait pas l’actualité. Il date de 2010, c’est dire s’il est périmé. Comme la musique de Prosperi Buri. Plus Pavement que Pavement. Comme si, pour le petit-déjeuner, à Rennes, entre deux Kremmigs, on servait du Malkmus.

Je me souviens d’un concert de Pavement, c’était lors d’un festival Big Cat, la deuxième fois que je les voyais, période Wowee Zowee, et surtout des demandes incessantes d’un type du public (tu sais, le fameux gros lourd qui est présent à TOUS les concerts auxquels tu as assistés dans ta vie ? Le mec à qui tu te retiens de faire avaler ses propres dents ? Et bien c’était lui. Qu’il y ait 500 personnes, 15, que tu sois à Angers ou à Santander, il est toujours là, toujours lourd.), en plein milieu du set :
"et les tubes ? tu vas les faire péter les tubes, oui ?"
Cinq minutes plus tard, toujours dans mon dos : "Fais péter les tubes !"

Tout ce qu’il mange, désormais, c’est à la paille.

Car Pavement n’avait fait que ça, ce soir là, faire péter des tubes. Properi Buri ne se prive pas pour en faire de péter deux, de taille honorable, sur la première face. Biggest Mistake, titre phare, est catchy et poppy avec son côté je veux une guitare rythmique qui fasse Sterling Morisson, même si ça me fait mal aux doigts quand je plaque les accords. Parfait quand on est de bonne humeur, et je suis de bonne humeur. Mais c’est Silhouette Control que j’ai envie de retenir, sur la même face. Plus nerveux, cette fois-ci c’est comme si les Dils faisaient une reprise des Modern Lovers et que les Feelies se joignaient à la fête sans avoir été invités. Concis, toujours avec l’esprit lo-fi bien vissé. Un single comprenant 7 titres de cette veine-là et j’aurais presque pu m’enflammer.

Seau d’eau sur l’euphorie. La face B, Your Own Texas Route, est toute mole, tristounette, acoustique, avec le solo électrique qui vient se foutre dessus pour niquer les prudes oreilles du mélomane. On se croirait perdus au milieu du LA’s Desert Origins, le supplément (inutile ?) de la réédition deluxe de Crooked Rain x 2. Celle-là, c’est certainement pas un tube qui vient de péter, alors on va immédiatement retourner sur la face A.

Contient un coupon de téléchargement, pour ceux qui achètent du vinyle pour ensuite écouter du son numérisé.
(7.5/10)

Bil

La chronique sur Nextclues